Oubliez vos souvenirs!

Publié le par Micka

Progrès, quand tu nous tiens. Une nouvelle étonnante vient d'être annoncée sur le journal britannique Neuroscience. Désormais, vous pourrez sans doute effacer les souvenirs qui vous hantent, qui vous attristent... C'est le fruit de la recherche de l’équipe de Jin Hee Han, de l’hôpital pour enfants de Toronto, au Canada. Ne me demandez pas plus d'informations sur lui, je ne connais pas plus sa vie que vous. Bref, drôle de recherche qui ne semble alerter et choquer personne, et qui provoque même un effet pathetico-hystérisant et euphorisant sur quelques personnes. Navrant, très navrant. Avant toute chose, et tout enthousiasme, réfléchissons d'abord s'il convient de traiter le corps exactement comme un objet, à la manière de Dr House... Après tout, c'est le but des chercheurs scientifiques, mais se donner le pouvoir d'éradiquer des souvenirs humains, cela paraît fou, et dangereux. Est-ce à dire que la technique et les sciences prendraient le dessus sur l'homme, alors que lui-même les a créées, tel un élève qui trahit son maître quand il en sait assez sur le monde? Nous pouvons le craindre. Les Rousseauistes, les Heideggeriens ont de quoi se lamenter: ne nous avaient-ils pas prévenus du fait que les progrès des sciences et de la technique seraient synonymes de dépravation des moeurs? De fait, à l'aune de cette nouvelle indigeste, nous devons admettre qu'il ne se trompaient pas. N'y a-t-il pas plus déshumanisant et déstructurant que de supprimer des souvenirs? Ces recherches scientifiques, techniques nous nuisent profondément. Nos souvenirs, malheureux ou heureux, effrayants ou réjouissants font partis de l'être, de son histoire, de sa vie. Jamais ne nous viendrait à l'idée d'effacer dans les manuels d'histoire les pages sur la guerre 14-18 ou 39-45, et il n'y a pas plus de raisons d'effacer ce qui nous construit en tant qu'homme: ne devenons pas des ordinateurs où les "dits" mauvais éléments disparaissent en passant dans une corbeille... L'être humain ne fonctionne pas tout à fait comme une machine. Enfin, pas encore...

Ci-dessous une image extraite du film Brazil, sans doute le meilleur film, sorte de contre-utopie réalisée -excellement par Terry Gilliam- dénonçant un monde du futur qui pourrait ressembler à une totale déshumanisation si l'homme donne trop d'importance aux sciences et à la technique par rapport à l'être.

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M
Je trouve cela débile. Nos souvenirs, qu'ils soient bons ou mauvais, font parties de notre vie. C'est ce qui nous construit, qui nous fait avancer.
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